Chien qui aboie : les points juridiques pour ce conflit de voisinage

Les aboiements de votre chien ou de celui d’un voisin peuvent devenir une véritable nuisance sonore s’ils sont récurrents.

Ainsi, quels sont les solutions juridiques en cas d’aboiements intempestifs ? Comment faire cesser ce trouble ?

L’aboiement est d’ailleurs l’une des sources de nuisances sonores les plus communes pouvant générer des conflits de voisinage.

Par cet article nous vous proposons des réponses juridiques adaptées.

Comprendre la législation sur le chien qui aboie

Les nuisances sonores causées par l’aboiement d’un chien peuvent être réprimées légalement lorsqu’elles pertubent la tranquillité du voisinage.

Cadre légal des nuisances sonores causées par les chiens

Les aboiements de chiens sont considérés comme des nuisances sonores lorsqu’ils perturbent la tranquillité du voisinage. La législation française, notamment l’article R1334-31 du Code de la santé publique dispose que « aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme ».

Cette réglementation vise à équilibrer le droit au calme des résidents avec celui des propriétaires de chiens à posséder et prendre soin de leur animal.

Quand les aboiements deviennent-ils un problème légal ?

Les aboiements de chiens deviennent un problème légal lorsqu’ils remplissent un des critères de durée, répétition ou intensité suffisante pour être considérés comme nuisances. Un seul de ces critères peut suffire.

Par exemple, des aboiements continus durant la nuit peuvent constituer une violation claire de la tranquillité publique. Les autorités locales ont la capacité d’intervenir dans de telles situations, et des sanctions peuvent être appliquées si les plaintes sont jugées valides.

Responsabilités légales des propriétaires de chiens

Les propriétaires de chiens sont légalement responsables des nuisances causées par leur animal. Selon l’article 1385 du Code civil, le propriétaire d’un animal est responsable du dommage que l’animal a causé. Dès lors, en cas d’aboiements excessifs, le propriétaire peut être tenu de prendre des mesures pour réduire les nuisances, et il peut être sujet à des sanctions telles que des amendes.

Recours et solutions légales face au chien qui aboie excessivement

chien qui aboie

Solutions amiables et médiation

Avant de s’engager dans des démarches juridiques, il est souvent recommandé d’opter pour des solutions amiables en cas de conflits liés aux aboiements de chiens.

La médiation entre voisins peut être une première étape constructive. Elle implique généralement des discussions ouvertes pour comprendre les préoccupations de chaque partie et rechercher un accord mutuel. L’idée est de trouver des solutions pratiques, comme établir des moments calmes ou des mesures d’atténuation des aboiements, avant de passer à des recours plus formels.

Procédures légales en cas de plaintes pour aboiements

Lorsque les solutions amiables échouent, les parties concernées peuvent se tourner vers des procédures légales. Les plaintes pour nuisances sonores, notamment les aboiements excessifs, peuvent être déposées auprès des autorités locales.

Ces plaintes sont généralement traitées dans le cadre du Code de la santé publique, en particulier l’article R1336-5, qui traite des troubles du voisinage.

Les procédures peuvent inclure la prise de mesures sonores, l’établissement d’un constat par la police et, dans certains cas, la saisie des tribunaux pour résoudre le litige.

Lorsque la nuisance sonore est constatée par la police, le propriétaire du chien peut, selon la gravité du trouble, se voir infliger plusieurs types de sanctions :

  • une amende d’un montant pouvant atteindre 450 euros (article R1337-7 et R. 1337-6 du Code de la santé publique);
  • en cas d’aboiement excessif nocturne pouvant être assimilé à du tapage nocturne, constaté par la police, l’article R623-2 du Code pénal prévoit une amende de 68 euros;
  • une confiscation de son animal avec placement en chenil (article R1337-8 du Code de la santé publique).

Sanctions et conséquences légales pour les propriétaires

Les propriétaires de chiens dont les aboiements sont jugés excessifs et perturbateurs peuvent faire face à diverses sanctions.

Selon la gravité de la situation et la législation locale, les sanctions peuvent inclure des amendes forfaitaires, comme celles prévues par l’article R1334-31 du Code de la santé publique, et dans les cas plus graves, des procédures judiciaires pouvant conduire à des peines plus sévères.

Les propriétaires sont encouragés à prendre des mesures  pour gérer les aboiements de leurs chiens et éviter ces conséquences juridiques.

Prévention et gestion proactive des aboiements

Mesures préventives pour les propriétaires

Les propriétaires peuvent adopter plusieurs stratégies pour minimiser le risque de plaintes légales liées aux aboiements de leurs chiens. Il peut être prévu la création d’un environnement propice au bien-être de l’animal, en réduisant les facteurs de stress et en fournissant une stimulation adéquate.

Des mesures telles que l’insonorisation des zones où le chien passe du temps, l’installation de barrières visuelles pour réduire les déclencheurs d’aboiements, et la mise en place de routines quotidiennes peuvent contribuer à réduire les aboiements.

Rôle des autorités locales et des associations

Les autorités locales, telles que les mairies, et les associations de quartier jouent un rôle important dans la gestion et la médiation des problèmes d’aboiements.

Ces entités peuvent offrir des services de médiation, fournir des informations et des conseils sur la gestion des aboiements, et, dans certains cas, intervenir directement pour aider à résoudre les conflits.

Les autorités locales peuvent également mettre en place des réglementations spécifiques pour gérer les aboiements excessifs et fournir des ressources pour l’éducation et la formation des propriétaires de chiens. En collaboration avec des associations dédiées au bien-être animal, elles peuvent organiser des ateliers, des séminaires et des programmes de sensibilisation pour promouvoir des pratiques de gestion des aboiements responsables et efficaces.

Que retenir de cet article ?

Cet article aborde de manière approfondie la thématique des aboiements excessifs de chiens et les implications légales qui en découlent.

Il souligne l’importance de la responsabilité des propriétaires de chiens, conformément à l’article 1385 du Code civil, qui expose leur responsabilité pour les dommages causés par leur animal.

De plus, au regard de l’article R1334-31 du Code de la santé publique, il est définit que les aboiements sont une nuisance sonore lorsqu’ils perturbent la tranquillité du voisinage.

Un avocat spécialisé en droit civil et droit de la santé publique serait le plus à même de traiter ces problématiques. Ces professionnels ont l’expertise nécessaire pour naviguer dans les complexités juridiques liées aux nuisances sonores et aux conflits de voisinage.

Vos questions et nos réponses 

Dans cet article, nous avons exploré en détail les aspects légaux, pratiques et préventifs des aboiements de chiens. Voici une FAQ qui répond aux questions les plus courantes sur ce sujet, allant des généralités aux détails spécifiques

  • Les nuisances sonores causées par les chiens sont définies selon le Code de la santé publique, en particulier l’article R1334-31, qui stipule que les aboiements ne doivent pas, par leur durée, répétition ou intensité, perturber la tranquillité du voisinage ou la santé humaine​.
  • Un problème légal survient lorsque les aboiements répondent à des critères de durée, répétition ou intensité qui perturbent de manière significative le voisinage. Un seul de ces critères peut suffire pour constituer une nuisance légale.
  • Les propriétaires sont légalement responsables des nuisances causées par leur chien. Selon l’article 1385 du Code civil, ils peuvent être tenus de prendre des mesures pour limiter les aboiements et peuvent être sujets à des sanctions en cas de non-respec
  • Avant d’entamer des démarches légales, il est recommandé de tenter une résolution amiable, comme la médiation entre voisins, pour discuter et trouver un accord mutuel pour réduire les aboiements.
  • Si les solutions amiables échouent, les parties impliquées peuvent se tourner vers des procédures légales. Cela peut impliquer la prise de mesures sonores, la médiation officielle ou, dans certains cas, la saisie des tribunaux.
Juriste droit public des affaires

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