Le crime de guerre : présentation et définition

Définition du crime de guerre

Certains comportements lors de conflits armés ont été proscrits et ce depuis plusieurs siècles. Ainsi la notion de crime de guerre a plus particulièrement été élaborée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, à l’occasion de la codification du droit international humanitaire, également connu sous le nom de droit des conflits armés, cette notion a également été codifiée en droit français.

Quelle est la définition d’un crime de guerre ?

 

Dans cette section, il sera détaillé la nature complexe des crimes de guerre par leur définition et le cadre juridique international qui les régit, avant d’examiner les différentes formes que ces crimes peuvent prendre. Ces aspects sont essentiels pour comprendre comment ces actes sont perçus et traités dans le contexte juridique mondial.

Définition et cadre juridique international

 

Les crimes de guerre sont des violations du droit international humanitaire (traité ou droit coutumier) dont les auteurs encourent une responsabilité pénale personnelle au regard du droit international.  A l’inverse des crimes de génocide et des crimes contre l’humanité, les crimes de guerre ont toujours lieu lors d’un conflit armé, international ou non.

Les crimes de guerre sont définis par le droit international humanitaire, notamment dans les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels. Ces textes juridiques internationaux prévoient que les crimes de guerre incluent des actes tels que le traitement inhumain des prisonniers de guerre, la prise d’otages, l’exécution sans procès, et les attaques délibérées contre les civils. En vertu de ces conventions, les individus, y compris les chefs militaires et les chefs d’État, peuvent être tenus personnellement responsables pour ces crimes.

Des tribunaux comme la Cour pénale internationale (CPI) sont spécifiquement créés pour juger ces infractions, mettant en lumière la responsabilité individuelle dans les conflits armés et l’importance de la justice internationale dans la prévention de l’impunité.

Les différentes formes de crimes de guerre

 

Aux termes de l’alinéa a paragraphe 2 de l’article 8 du Statut de Rome, on entend par crime de guerre, l’un des 8 actes suivants, considérés comme infractions graves aux Conventions de Genève du 12 août 1949, et ce, lorsqu’ils sont commis contre des personnes ou des biens protégés par les dispositions des Conventions de Genève.

Les actes en question sont les suivants :

  • L’homicide intentionnel ;
  • La torture ou les traitements inhumains, y compris les expériences biologiques ;
  • le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter gravement atteinte à l’intégrité physique ou à la santé ;
  • la destruction et l’appropriation de biens, non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire ;
  • le fait de contraindre un prisonnier de guerre ou une personne protégée à servir dans les forces d’une puissance ennemie ;
  • le fait de priver intentionnellement un prisonnier de guerre ou toute autre personne protégée de son droit d’être jugé régulièrement et impartialement ;
  • la déportation ou le transfert illégal ou la détention illégale, et, enfin ;
  • la prise d’otages.

 

 

Le droit international humanitaire protège toute une série de personnes et de biens pendant un conflit armé. Ainsi, au sens des Conventions de Genève susvisées, les personnes et biens protégés sont : les malades, les blessés et les naufragés qui ne participent pas aux hostilités, les prisonniers de guerre et les autres personnes privées de liberté, ainsi que les civils et les biens de caractère civil.

Les crimes de guerre prennent diverses formes, reflétant la gravité et la diversité des violations en temps de conflit. Cela va des massacres et génocides, où des groupes entiers de personnes sont ciblés pour leur appartenance ethnique ou religieuse, aux violences sexuelles utilisées comme outils de guerre. D’autres formes incluent l’utilisation d’enfants soldats, le bombardement de zones civiles protégées, le pillage, et l’utilisation d’armes interdites par les conventions internationales. Chacune de ces formes a des implications profondes, non seulement pour les victimes immédiates, mais aussi pour le tissu social, culturel et historique des communautés affectées. La reconnaissance et la compréhension de ces différentes formes sont essentielles pour développer des stratégies efficaces de prévention et de poursuite judiciaire, ainsi que pour soutenir les efforts de réconciliation et de reconstruction post-conflit.

La notion de crime de guerre en droit français

 

En droit pénal français, la notion de crime de guerre est définie principalement par le Code pénal, dans ses articles consacrés aux crimes et délits de guerre.

Selon l’article 461-1 du Code pénal, les crimes ou délits de guerre englobent les infractions définies par ce même livre, commises lors d’un conflit armé, qu’il soit international ou non international. Ces infractions peuvent inclure des actes tels que les attaques ou bombardements de villes, villages, habitations ou bâtiments non défendus, et qui ne constituent pas des objectifs militaires.

Le cadre légal français reconnaît donc les crimes de guerre comme des violations graves des lois et coutumes applicables dans les conflits armés, portant atteinte à la personne humaine, aux biens ou aux principes fondamentaux du droit international humanitaire. Les personnes reconnues coupables de ces crimes encourent des peines sévères, y compris la réclusion criminelle à perpétuité dans les cas les plus graves.

La poursuite des crimes de guerre par un tribunal international

 

La poursuite des crimes de guerre est un processus complexe et multidimensionnel. Elle implique des acteurs internationaux et nationaux, chacun jouant un rôle crucial dans la lutte contre l’impunité.

Les tribunaux internationaux, comme la Cour pénale internationale (CPI), jouent un rôle essentiel dans la poursuite des crimes de guerre. Créés pour juger les crimes les plus graves affectant la communauté internationale, ces tribunaux sont mandatés pour poursuivre les individus, indépendamment de leur rang ou de leur nationalité. Ils appliquent des normes juridiques internationales, contribuant à l’uniformisation du droit pénal international.

La CPI, par exemple, est compétente pour juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes d’agression. Ces tribunaux jouent un rôle crucial en comblant les lacunes laissées par les systèmes judiciaires nationaux, souvent incapables ou réticents à poursuivre ces crimes. Leur existence et leurs verdicts servent non seulement à rendre justice, mais aussi à établir un précédent international pour dissuader de futures violations.

Vos questions et nos réponses 

Bienvenue dans notre FAQ sur le crime de guerre. Vous trouverez ici les réponses aux questions les plus courantes pour vous aider à mieux comprendre cette infraction. Pensez à laisser un commentaire si cet article vous a été utile ou si vous avez des questions à nous poser !

Les crimes de guerre sont des violations graves du droit international humanitaire (DIH), incluant les attaques contre des civils, l’utilisation d’armes interdites et les traitements inhumains envers les prisonniers de guerre.

Un acte est qualifié de crime de guerre lorsqu’il enfreint les règles établies par des traités internationaux, tels que les Conventions de Genève, et est jugé par des tribunaux comme la Cour pénale internationale ou des juridictions nationales exercant la compétence universelle.

Les Conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels forment la base du DIH, protégeant les personnes qui ne participent pas ou plus aux hostilités, et limitant les moyens de guerre.

Juriste droit public des affaires

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