Que faire pour déclarer une personne disparue ?

personne disparue

La disparition d’une personne en France ouvre souvent un chapitre d’inquiétudes, mêlant douleur familiale, défis judiciaires et quêtes incessantes.

Il convient ainsi de savoir auprès de qui vous pouvez signaler la disparition d’un adulte, quand celle-ci peut-être considérée comme inquiétante ou non  ?

L’encadrement par le droit  de la disparition

En France, l’article 88 du Code civil évoque la présomption d’absence, une disposition légale qui reconnaît l’incertitude entourant le sort d’une personne disparue. Cette situation juridique difficile est exacerbée par l’impact psychologique sur les proches, qui doivent naviguer entre l’espoir d’un retour et le deuil d’une perte non confirmée.

Lorsqu’une personne majeure qui fait partie de votre entourage disparaît, une enquête peut être ouverte par la police ou la gendarmerie. Pour ce faire, la disparition doit être considérée comme inquiétante.

Toutefois, une fois retrouvée, la personne est libre d‘entrer en contact ou non avec ses proches.

Qu’est-ce-qu’une disparition inquiétante ?

Il n’existe pas de définition précise de la disparition inquiétante.

Néanmoins, le caractère inquiétant de la disparition peut découler des indices suivants :

  • Départ sans affaires personnelles
  • Vulnérabilité de la personne du fait de son âge, d’une maladie, de son placement sous tutelle ou curatelle ou d’un handicap
  • Découverte d’un courrier suicidaire ou de menaces
  • Suspicion de radicalisation

 

Combien de temps faut il attendre pour déclarer la disparition d’une personne ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre un certain temps avant de déclarer la disparition d’une personne. Contrairement à une idée reçue, il n’est absolument pas requis d’attendre 24 heures pour signaler une disparition.

Dès que vous constatez qu’une personne est manquante et que sa disparition est inhabituelle ou inquiétante, vous devriez immédiatement contacter les autorités, telles que la police ou la gendarmerie, pour la signaler.

Le rôle crucial des informations et des dates clés

La chronologie des événements dans le cas d’une disparition est vitale. Chaque date, chaque indice recueilli peut s’avérer crucial pour orienter les enquêtes.

Les familles, en collaboration avec les autorités judiciaires et policières, cherchent des informations susceptibles de faire la lumière sur le cas. Cette recherche d’informations est souvent un parcours semé d’embûches, impliquant des démarches administratives et judiciaires, comme dispose l’article 74-1 du Code de procédure pénale, qui établit une procédure spécifique en cas de disparition d’une personne :

« Lorsque la disparition d’un mineur ou d’un majeur protégé vient d’intervenir ou d’être constatée, les officiers de police judiciaire ou, sous leur contrôle, les agents de police judiciaire peuvent, sur instructions du procureur de la République, procéder aux actes prévus par les articles 56 à 62, aux fins de découvrir la personne disparue.

A l’issue d’un délai de huit jours à compter des instructions de ce magistrat, ces investigations peuvent se poursuivre dans les formes de l’enquête préliminaire.

Le procureur de la République peut également requérir l’ouverture d’une information pour recherche des causes de la disparition. »

Processus de recherche des personnes disparues

personne disparue

La recherche des personnes disparues en France implique une coordination étroite entre les autorités judiciaires et les forces de l’ordre. Conformément à l’article 74-1 du Code de procédure pénale, une procédure spécifique est mise en place dès la signalisation d’une disparition.

En présence d’indices de disparition inquiétante, le proche de la personne disparue (époux, concubin, frère, sœur, parent, enfant,…), peut demander le déclenchement d’une enquête.

Pour ce faire, il faut s’ adresser à la police ou à la gendarmerie.

L’enquête est réalisée avec 2 moyens différents :

  • Inscription de la personne disparue dans le fichier des personnes recherchées (FPR). Ainsi, les policiers et gendarmes peuvent savoir, lors d’un contrôle, que la personne est portée disparue. Les forces de l’ordre des pays de l’Espace Schengen  ont également accès à ces informations.
  • Recherche par les policiers et gendarmes dans les fichiers nominatifs des organismes privés et publics (opérateurs téléphoniques, banques, impôts,…). Par exemple, ils peuvent consulter ses factures de téléphone ou ses relevés de carte bancaire. Ils ont également la possibilité de faire une demande de localisation du téléphone mobile. L’accès à ces éléments facilitent l’audition de témoins éventuels et la localisation de la personne disparue.

 

 

Techniques modernes de recherche : des disparitions aux découvertes

Les techniques modernes de recherche jouent un rôle vital dans la localisation des personnes disparues. L’utilisation de la technologie, telle que la géolocalisation, les bases de données ADN, et même les médias sociaux, a révolutionné la manière dont les enquêtes sont menées.

Par exemple, l’intégration de bases de données ADN permet des correspondances rapides et efficaces avec des personnes disparues depuis longtemps. De plus, les enquêteurs utilisent de plus en plus des logiciels d’analyse de données pour identifier des modèles ou des lieux fréquemment visités par la personne disparue, augmentant ainsi les chances de la retrouver.

Aspects juridiques et sociétaux des disparitions

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La présomption d’absence et ses implications légales

Lorsqu’une personne disparaît sans laisser de trace, la question de sa présomption d’absence se pose. Selon l’article 112 du Code civil français, la présomption d’absence permet de gérer les biens et les droits de la personne disparue en son absence.

Ce statut juridique offre un cadre légal pour les familles, leur permettant de prendre des décisions concernant les biens et la succession de la personne disparue. La procédure est délicate et requiert la nomination d’un représentant pour gérer ces affaires, en attendant que le sort de la personne disparue soit élucidé.

Établir un lien : cas pratiques et études de disparitions

Les cas pratiques de disparitions offrent des aperçus précieux sur les défis juridiques et sociétaux auxquels les familles et les autorités sont confrontées. Chaque cas est unique, mais ils révèlent souvent des patterns dans les circonstances de disparition et dans les réponses des autorités.

Les études de cas aident à identifier les lacunes dans les procédures existantes et à proposer des améliorations pour le traitement des affaires de personnes disparues. L’analyse de ces cas souligne également l’importance de la coordination entre les différentes institutions juridiques et les services de police.

En cas de disparition inquiétante, vous pouvez avoir recours à un avocat en droit pénal.

Vos questions et nos réponses

Dans cet article, nous avons exploré le thème complexe des personnes disparues, couvrant des aspects légaux, psychologiques et statistiques. Voici les réponses aux questions les plus fréquentes qui pourraient vous aider à mieux comprendre ce sujet délicat.

En droit français, une disparition se réfère à la situation où une personne est inconnue ou absente sans explication. Cela peut mener à une présomption d’absence, définie par l’article 112 du Code civil, qui permet de gérer les biens de la personne disparue en son absence.

Les autorités françaises, incluant la police et la gendarmerie, suivent une procédure spécifique, comme détaillée dans l’article 74-1 du Code de procédure pénale. Cette procédure implique une collecte systématique d’informations, des recherches sur le terrain et l’utilisation de la technologie pour retrouver la personne disparue.

Les techniques modernes comprennent la géolocalisation, les bases de données ADN, et les analyses de données numériques. Ces méthodes augmentent significativement les chances de retrouver une personne disparue, en fournissant des informations précieuses pour orienter les recherches.

Juriste droit public des affaires

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